Coccidiose
Qu’est-ce que la coccidiose?
La coccidiose est une maladie causée par des parasites du genre Eimeria, présents dans le tractus intestinal des mammifères et des oiseaux. Chez les poulets et les dindes, cette infection entraîne des coûts importants pour le producteur, notamment en raison d’une détérioration de l’indice de conversion alimentaire, d’un ralentissement de la croissance et d’une augmentation de la mortalité, ainsi que pour l’industrie, avec des pertes de plusieurs milliards de dollars à l’échelle mondiale. Alors que le contrôle de l’environnement et l’utilisation d’anticoccidiens (ionophores et produits chimiques ajoutés à l’alimentation) constituaient historiquement les principales méthodes de prévention, la vaccination s’impose de plus en plus comme une solution efficace.
Quelles sont les causes de la coccidiose chez les poulets?
Neuf espèces d’Eimeria sont capables d’infecter les poulets. Selon la localisation des lésions dans l’intestin, la coccidiose se divise en deux formes :
- Coccidiose cæcale: Induit par E. tenella
- Coccidiose de l’intestin grêle: Induit par
- E. acervulina
- E. brunetti
- E. maxima
- E. mitis
- E. mivati
- E. necatrix
- E. praecox
Toutes ces espèces sont des parasites intracellulaires appartenant au genre Eimeria, de la famille des Eimeriidae. Le développement exogène d’Eimeria chez les volailles consiste en la formation, dans les oocystes, de quatre sporocystes contenant chacun deux sporozoïtes. Ce processus, appelé sporulation, se produit uniquement dans des conditions externes favorables, notamment une température adéquate (optimum à 29 °C), ainsi qu’une humidité et une oxygénation suffisantes.
La sporulation survient généralement dans les 24 à 48 heures suivant l’excrétion. À des températures inférieures à 8 °C, la plupart des oocystes non sporulés ne survivent pas. Toutefois, chez ceux qui persistent, la sporulation peut s’étendre sur plus de huit semaines (Obreshkov et coll., 1978). Les espèces d’Eimeria chez la volaille présentent une forte spécificité d’hôte.
Symptômes de la coccidiose chez les poulets
Les signes observés dans les troupeaux infectés comprennent une diminution de la consommation d’aliments, une perte de poids rapide, un état léthargique, un plumage ébouriffé et une diarrhée sévère. Des fientes humides contenant du mucus sont fréquentes. Les formes cliniques sont rarement observées chez les oiseaux de plus de 8 semaines. La morbidité et la mortalité peuvent être élevées.
La diarrhée, qui peut devenir sanguinolente dans les cas graves, constitue le principal symptôme. La plupart des animaux infectés par les coccidies ne présentent pas de signes cliniques, mais les sujets jeunes ou immunodéprimés peuvent développer des formes graves pouvant entraîner la mort.

Cycle de vie de la coccidiose
Selon l’espèce d’Eimeria, le cycle de vie des coccidies dure généralement de cinq à huit jours.
Étape 1 : Les oocystes non sporulés sont excrétés dans les fientes présentes dans la litière. Ils sporulent, c’est-à-dire deviennent infectieux, en présence de conditions favorables, notamment une humidité, une température et une oxygénation adéquates. Les oocystes sont très résistants dans l’environnement et peuvent survivre jusqu’à un an dans des environnements secs et frais.
Étape 2 : Les oocystes sporulés, contenant quatre sporocystes, eux-mêmes composés de deux sporozoïtes infectieux chacun, sont ingérés par les oiseaux lors du picage du sol et de la litière.
Étape 3 : Les sporocystes, puis les sporozoïtes, sont libérés dans l’intestin à partir des oocystes sporulés par dékystement, un processus facilité par le broyage mécanique ainsi que par l’action des enzymes digestives et des sels biliaires.
Étape 4 : Les sporozoïtes pénètrent dans les cellules intestinales et amorcent le développement de schizontes intracellulaires asexués. Les schizontes produisent un grand nombre de mérozoïtes, une forme invasive qui infecte d’autres cellules intestinales et permet la formation de nouvelles générations de schizontes.
Étape 5 : Le nombre de cycles asexués varie de deux à quatre selon les espèces de coccidies. Cette multiplication asexuée entraîne une augmentation exponentielle du nombre de parasites.
Étape 6 : Le nombre de cycles asexués varie de deux à quatre selon les espèces de coccidies. Cette multiplication asexuée entraîne une augmentation exponentielle du nombre de parasites.
Étape 7 : À chaque cycle, le nombre d’oocystes présents dans l’environnement augmente. En l’absence d’immunité ou d’un traitement anticoccidien, et lorsque les conditions sont favorables à la sporulation, cette accumulation devient une source d’exposition importante.
Les oiseaux naïfs ou partiellement immunisés ne sont alors pas en mesure de faire face à cette exposition soudaine et massive aux oocystes sporulés infectieux.
Développement de l’immunité
En général, le développement de l’immunité est un processus complexe. Dans le cas d’Eimeria, ce processus est encore plus complexe en raison du cycle de vie multifactoriel du parasite, chaque étape exposant le système immunitaire à des antigènes différents, qui doivent être reconnus et traités.
Bien que les réponses immunitaires, cellulaire et humorale, soient toutes deux stimulées lors de la coccidiose, leur contribution à la réponse contre l’infection diffère. Comme la majeure partie du cycle de vie d’Eimeria se déroule à l’intérieur des cellules, la réponse immunitaire la plus efficace est de nature cellulaire plutôt qu’humorale.
Le développement de l’immunité dépend également de l’intensité de l’infection parasitaire. Lors d’une infection importante, le système immunitaire déclenche une réponse humorale de courte durée. À l’inverse, lors d’une infection de faible intensité, comme celle induite par la vaccination, le système immunitaire met en place une réponse cellulaire, qui confère une immunité plus complète et plus durable contre le parasite.
La durée relativement courte de cette immunité nécessite une exposition continue à de faibles niveaux d’Eimeria en circulation afin de maintenir une protection efficace.
